| Présentation
générale |
Depuis
une quinzaine d’années, à la faveur d’évolutions récentes, de
nouvelles questions apparaissent et les réflexions sur évaluation
et enseignement supérieur connaissent un essor important.
L’harmonisation européenne, la massification, les grandes enquêtes
internationales ou encore la création d’agences indépendantes ont
modifié les pratiques et le statut de l’évaluation dans
l’enseignement supérieur.
Le
23e colloque de l’ADMEE-Europe sera ainsi consacré aux
travaux de recherche sur l’évaluation dans l’enseignement
supérieur (à l’université, aux hautes écoles pédagogiques et
spécialisées, aux grandes écoles, etc.) et sera structuré autour
de quatre thèmes principaux, permettant d’aborder différents
objets de recherche, tels que l’évaluation des apprentissages, des
enseignements, des formations, des diplômes, de la recherche, etc.
Un des objectifs du colloque sera de réaliser une synthèse des
questions et des connaissances actuelles en lien avec la thématique
retenue.
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| 1. Formes,
outils et modèles d’évaluation |
Les
transformations dans l’enseignement supérieur ont conduit non
seulement à une inflation quantitative des évaluations, mais aussi
à une diversification des formes ou des paradigmes d’évaluation.
Principalement certificative, l’évaluation des étudiants tend
désormais à innover en prenant en compte les difficultés
rencontrées par les étudiants, en développant des formes
d’accompagnement méthodologique, en installant des contextes
d’étude ouverts à l’évaluation formative jusqu’alors peu
répandue à l’université. Les pratiques de co-évaluation en
formation, d’autoévaluation émergent sur fond d’innovation.
Sur
un plan méthodologique mais aussi théorique, des modifications et
créations d’outils d’évaluation (outils statistiques,
implication des nouvelles technologies, usage de référentiels de
compétences, certifications, portfolios, entretiens, etc.)
accompagnent certaines des évolutions mentionnées ci-dessus.
Dans
l’enseignement supérieur, cohabitent désormais différents
modèles d’évaluation, comme l’évaluation par les pairs,
l’autoévaluation, les pratiques de conseil, le modèle
« managérial », les grandes enquêtes nationales et
internationales. Ces modèles entrent parfois en concurrence, voire
en conflit.
Avec
ce thème, se pose d’une manière transversale la question du
rapport entre la diversité des formes, outils et modèles
d’évaluation et leurs finalités.
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| 2. Les effets de
l’évaluation sur les acteurs, les dispositifs et les institutions |
Une première manifestation de ces effets se
situe au niveau des
acteurs. Les étudiants, confrontés à l’évaluation, élaborent
des stratégies, négocient les critères, demandent des régulations
intermédiaires. De leur côté, les enseignants peuvent être
sensibles aux effets de certaines règles d’évaluation, comme les
règles de compensations, et modifier leurs pratiques.
Ces
effets concernent également les dispositifs de formation : les
évaluations externes, notamment les concours de recrutement pour
certaines professions, peuvent influencer les curricula. Confrontées
à de telles situations, des formations ou filières semblent
sujettes à un « pilotage par les sorties », lequel se
caractérise par la place de plus en plus grande accordée aux
compétences et à la professionnalisation. Le rôle de l’évaluation
dans la transition entre l’enseignement supérieur et le monde du
travail apparaît crucial.
Enfin,
les diverses évaluations auxquelles participent et/ou sont soumis
les établissements d’enseignement supérieur (par exemple,
l’évaluation de la politique scientifique des universités,
l’évaluation des diplômes et des formations, des enseignements,
des équipes de recherche, etc.) ont un effet déterminant sur leurs
politiques institutionnelles.
De manière transversale et implicitement présente dans
ce qui
précède, la question de la transparence des évaluations et de leur
caractère public tiendra dans ce thème une place importante.
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| 3. Expertise des évaluateurs |
La
question de l’expertise des évaluateurs est régulièrement
invoquée et alimente les débats autour de la légitimité des
évaluations et des pratiques de certains évaluateurs.
En
ce
qui concerne l’expertise des enseignants, une meilleure
connaissance de leur activité évaluative devrait procurer des
éléments de réponse. Il en va de même de leur « rapport à
l’évaluation ». Le recours à cette expression devient
fréquent, bien qu'elle ne fasse pas vraiment l’objet d’une
véritable explicitation. Des communications pourraient combler ces
manques en proposant des descriptions, voire des théorisations, du
rapport à l’évaluation des acteurs (enseignants, étudiants,
chercheurs, experts), au sein d’institutions déterminées
(établissements, diplômes, cours, laboratoires).
La
formation des évaluateurs, en particulier celles des enseignants et
des intervenants professionnels dans des formations
professionnalisantes, se fait-elle sur le tas ? Dans ce domaine
quel est le rôle joué, notamment, par les équipes et les réunions
pédagogiques ? Ces questions liées à la formation des
évaluateurs renvoient à des réflexions et des travaux conduits en
pédagogie universitaire.
La
question de la légitimité des évaluateurs conduira à
s’interroger, par exemple, sur l’évaluation des enseignements
produite par les étudiants ou encore sur celle réalisée par des
experts externes, sollicités notamment par les agences d’évaluation.
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| 4. Les approches comparées en évaluation |
Le
colloque sera enfin l’occasion d’envisager trois formes de
comparaisons, considérant le rôle de l’évaluation dans
celles-ci.
Les
comparaisons internationales renvoient à la comparaison des
établissements d’enseignement supérieur (classements
internationaux), mais aussi aux travaux comparatifs sur les pratiques
d’évaluation dans ces établissements (par exemple :
évaluation de la qualité des enseignements).
Les
comparaisons interinstitutionnelles concernent notamment les
transitions, comparaisons entre l’enseignement supérieur et les
niveaux antérieurs des systèmes éducatifs. Ces comparaisons feront
ressortir les spécificités de l’évaluation dans l’enseignement
supérieur. L’approche comparative permettra d’aborder des
questions plus théoriques : on s’interrogera, par exemple,
sur les effets produits lors de l’importation par l’université
de notions, de concepts ou de résultats provenant de recherches sur
l’évaluation en éducation conduites dans le primaire ou dans le
secondaire.
Les
comparaisons au sein de l’enseignement supérieur permettent
d’éclairer la variété des pratiques d’évaluation selon le
type de filières dans l’enseignement supérieur ou selon le type
d’établissements, plus ou mois sélectifs.
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